Dossier

L’apprentissage, une alternative pour les démunis

Apprentis dans un quartier informel

Apprentis dans un quartier informel

La population africaine notamment celle du Sénégal, est essentiellement jeune.  56% de la population a moins de  20 ans (50%  a moins de 16 ans). D'où la nécessité pour les pouvoirs publics d'assoir une politique de jeunesse axée sur la mise en place d'infrastructures socioéducatives qui donnent accès à l'éducation, aux loisirs, à la santé et  à l'emploi. Dans le domaine de l'éducation, des efforts ont été accomplis ces dernières années ; il reste qu'une bonne partie des enfants en âge de scolarisation n'ont pas accès ou ne restent pas  à  l'école. Sur une population  de 1.621.833 de la tranche d'âge  7-12 ans, le taux brut de scolarisation est de 68,3 % ce qui veut dire que 31,7% de ces enfants ne fréquentent pas l'école primaire. Dans les premières années du secondaire, avec 812. 830 adolescents de 13-16 ans, le taux brut de scolarisation est de 22,9 % en 99/2000 ; donc 77,1 % des enfants de cet âge sont hors du système d'éducation. Environ 65% des élèves de CM2  décrochent au cours du cursus. La population analphabète adolescente est estimée à  1.140.000 et celle ayant décroché sans avoir acquis des compétences minimales à plus de 100.000 enfants par an. C'est donc environ 1.150.000 adolescents et jeunes de 13-18 ans qui vont se présenter à l'âge adulte sans aucune  formation professionnelle, ni connaissances et aptitudes qui puissent favoriser leur intégration socioprofessionnelle. Ils sont ainsi victimes du système éducatif très sélectif mis en place. Ils se retrouvent ainsi en dehors du système et aucune  alternative crédible et publique  ne leur est proposée. Ce problème se pose avec acuité dans les villes et  notamment à Dakar où la scolarisation, le chômage et l'emploi des jeunes sont les préoccupations majeures des communautés locales. Le système de l'enseignement technique et de la formation professionnelle reste concentré sur des écoles moyennes et supérieures privées et publiques. Les critères de sélection et les couts élevés de la formation qui y sont pratiqués, éliminent bon nombre de jeunes  enfants et adolescents  des quartiers pauvres. Ceux-ci se retrouvent dans le secteur de l'apprentissage des métiers dans l'informel (qui contribue à  60% de l'activité économique du pays) dont le suivi, la qualification et l'insertion socioprofessionnelle posent énormément de problèmes. Apprentissage des métiers : une alternative aux démunis des quartiers pauvres de Dakar Tous les jeunes n'ont pas la chance de continuer l'éducation pour des raisons multiples dont on peut citer l'abandon, le redoublement ou l'échec aux examens. Pour ces jeunes, l'avenir n'est guère assuré et le risque d'aller grossir les rangs des désœuvrés et des jeunes chômeurs est grand. Comme le cadre institutionnel pour récupérer ces jeunes et les former à un métier est largement insuffisant et que le nombre de jeunes sénégalais formés à l'école pour des métiers réellement techniques (mécanique, menuiserie, électricité, électronique) est faible. En effet, on dénombre 130 établissements d'enseignement techniques professionnels avec une capacité de 30.000 places (pour une demande réelle de plus de 100.000 par an) sur toute l'étendue du territoire. Il  ne reste aux jeunes que le recours au secteur informel pour trouver une occupation : apprendre quelque chose et gagner un peu d'argent. Les métiers exercés par les jeunes Dans ces quartiers pauvres, les jeunes exercent différents métiers pour gagner de l'argent afin de subvenir à leurs besoins et parfois à ceux de leur famille. Dans ces milieux, un enfant en apprentissage est un placement sûr qui peut rapporter puisqu'il pourra être autonome très rapidement et contribuer aux charges familiales par l'exercice de petits dépannages, contrairement aux enfants qui vont à l'école et dont leur avenir est presque incertain au vu du fort taux de chômage au sein des diplômés. Les apprentis qui ont décroché un certificat de fin d'apprentissage ouvrent leur atelier et démarrent les activités avec comme apprentis un ou deux jeune frère ou cousin. Les métiers d'apprentissage sont: la mécanique,  la soudure, la maroquinerie, la tôlerie, l'électricité, la menuiserie, l'électronique, le frigorifique, la tapisserie, la vulcanisation. La couture et la coiffure sont des métiers essentiellement féminins. Kevin Adomayakpor. Article paru dans Passerelles n°47 - mars 2005 (1) Cours Moyen 2ème année (2) Gouvernement du Sénégal, Programme Décennal de l'Education et de la Formation / Education Pour  Tous, Mars 2003).  
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