Agroécologie

De la naissance d’un projet

broucycletteJe me souviens d'une réflexion, au début des années 90, de notre partenaire René Sibomana, à propos de la méthode de coopération d'Asmae. Il me rappelait que j'avais amener à l'Association des Scouts du Rwanda (ASR) de la documentation sur la construction d'engins roulants dont notamment un qui s'appelait la "broucyclette"(1). Les documents sont restés quelques années dans un armoire dans le bureau du Commissaire général de l'époque qui n'était autre que René. La guerre avait démarré au Rwanda en juillet 1990 avec son lot de personnes déplacées dans un camp situé au nord de Kigali, la capitale du pays.

Le camp a été démantelé en 1992. L'ASR a été sollicitée pour récupérer des tentes montées par le HCR. René s'est souvenu des documents consacrés à la "broucyclette" et a travaillé avec les jeunes de la rue pour la réhabilitation des montants en métal des tentes. Ils ont ainsi fabriqué  des structures à adapter sur des vélo pour faciliter la traction de marchandises dans les marchés.

Il est clair que cette transmission d'une information ne débouche pas forcément sur un projet. Mais j'ai toujours pensé que mon rôle était d'être un "insuffleur" d'idées. Et tout compte fait, je crois que je suis arrivé de temps en temps à faire passer des messages. Pas toujours il est vrai. Beaucoup de documents ont été envoyés, déposés, proposés sans qu'il n'y ait eu de suite.

Je reconnais que le dernier message a pris tournure très rapidement. C'était en juillet 2015 où j'ai demandé que lors de ma visite au Sénégal on puisse faire un détour par les jardins de Kaydara pour les visiter et rencontrer de préférence son fondateur Gora Ndiaye. En effet, j'étais déjà sur le point d'être formé en biodynamie et déjà membre du mouvement Colibri. Ma conversion en agroécologie était déjà bien amorcée. Il était temps que je partage cela avec les partenaires d'Asmae. Il est vrai que j'ai proposé aussi une visite au tout nouveau vignoble du Clos des Baobab mais là c'était juste par curiosité naturelle puisque je suis aussi vigneron à mes heures perdues. Je savais que cette visite n'allait déboucher sur rien. Quant à Kaydara, je ne savais pas qu'AJE allait avoir un tel déclic. Et ce fut un gros déclic qui rentre d'ailleurs dans la ligne droite du travail d'AJE dans la zone de Toubacouta.

AJE travaille dans le domaine de l'assainissement de l'eau dans les villages. Asmae a déjà soutenu un projet de jardins maraîchers dans les villages, un autre de protection de la mangrove avec la constitution de bois villageois consacré au bois de chauffe, la construction d'une cuisine communautaire qui est un centre de formation pour les femmes en termes de transformation des fruits et légumes. Asmae a renforcer aussi la radio communautaire de Soucouta (Radio Niombato) qui organise des émissions dans les domaines de la nutrition notamment. AJE n'est donc pas à la traîne en termes de travail sur les question de la sauvegarde de l'environnement.

Ceci explique peut-être le démarrage rapide d'au moins deux projets de ferme-école pour jeunes filles et garçons. IL s'agit de Ndoumboudj et celui de Medina-Sangako. Le premier a déjà été clôturé et un premier bâtiment a vu le jour. Une première série de plantations, comme la papaye, a été faite dans la ferme de Ndoumboudj pour assurer un premier revenu au projet.

C'est en novembre que je partirai du coté de Toubacouta pour travailler avec les responsables du projet sur l'élaboration d'un dossier en vue de sa présentation à des organismes de financement. Dans la foulée, nous travaillerons ensemble sur les modes d'agriculture en agroécologie. Ainsi, nous présenterons les différents types types de cultures comme l'agro-foresterie, la permaculture, la biodynamie, l'électroculture. Comme la ferme de Ndoumboudj travaillera sur une surface de deux hectares, une petite partie sera consacrée à l'adaptation des graines au climat du Sénégal. En 2015, j'avais apporté des graines offertes par Kokopelli. Cette fois-ci j'apporte quelques graines produite par Pascal Poot qui produit des semences naturelles reproductibles adaptées au climat aride.  Un volontaire Asmae, formé à la permaculture, m'accompagnera pour échanger sur ce domaine.

René m'a aussi expliqué que le plus gros prédateur des parcelles agricoles est le singe. L'expérience du vignoble de La Mazelle peut être bonne à partager aussi. Ainsi je serai muni de deux répulsifs à ultrason avec cellules photovoltaïques pour les tester contre ces animaux dévastateurs. On verra ce que cela donnera. Il faudra quand même faire attention aux humains, il ne s'agit pas de les faire fuir non plus !

Géry de Broqueville


(1) Cela fait quelques années que le document en question se trouve déjà en pdf sur passerelles-web.info, en cliquant ici. En 2016, la broucyclette est encore d'actualité puisque la revue "La France agricole" en fait sa promotion.

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