Agroécologie, Projets, Sénégal

Reboisement des mangroves dans le Siné Saloum

281395_2159162971971_1033430470_2484362_5443133_nSuite à une Recherche Action Participative (analyse des problèmes auxquels sont confrontés les populations par les populations elles mêmes) menée par l’ONG AJE dans la CR de Toubacouta, il a été constaté que la CR avait réellement besoin d’être appuyée pour la gestion de son environnement. En effet, le rythme d’exploitation de la forêt et de la mangrove est tel que, des efforts dans la sensibilisation et la sauvegarde du patrimoine forestier doivent être consentis de manière urgente. Conscients de cette situation de dégradation, les populations de la CR ont manifesté le besoin d’être appuyées et accompagnées.

Une des particularités de la Communauté Rurale de Toubacouta est qu’elle est composée de villages situés en bordure de mer, à l’intérieur des terres et sur les îles.

Les villages situés à l’intérieur des terres sont particulièrement menacés de part notamment la forêt qu’ils côtoient. Ces villages, représentant plus de 30 sur les 52 que compte la CR, exploitent quotidiennement la forêt pour le bois de chauffe domestique, le bois de service, la pharmacopée traditionnelle (écorce et racine) ainsi que pour la commercialisation du bois et du charbon.

Les villages insulaires, de par leur situation d’enclavement, sont limités pour leur approvisionnement en bois et se rabattent souvent sur la mangrove. Par exemple, les femmes de l’île de Betenty, qui sont plus de 1 000, sont obligées de louer une pirogue et d’acheter du carburant pour aller chercher du bois de chauffe dans la mangrove et sur les autres îles inhabitées.

Face à cette situation alarmante, il est urgent de prendre des mesures pour la conservation de la mangrove et de la forêt en sensibilisant les populations et en créant des bois villageois.

AJE a choisi comme villages pilotes Ndoumboudj, Santamba, Dassilamé Socé, Toubacouta et l’île de Bétenty pour les raisons suivantes :

  • Les villages de Ndoumboudj et Santamba utilisent en grande partie les arbres fruitiers (anacardiers, manguiers) comme bois de chauffe et ont un besoin du renouvellement de ces arbres s’ils veulent éviter de se rabattre sur le bois de la forêt.
  • Dassilamé Socé est situé en bordure de la forêt classée de Fathala. Les habitants y ramassent du bois mort mais ils sont conscients du risque de manquer de bois dans les années à venir.
  • Toubacouta situé en bordure de bras de mer peuplé de mangrove et de la forêt classée de Sangako est le village de concentration des artisans menuisiers et sculpteurs qui surexploitent les arbres menacés de disparition comme le Cordyla pinnata (Dimb) et le Pterocarpus erinaceus (Vène). Un reboisement de ces espèces est indispensable pour leur survie. La présence d’une cellule d’appui technique dans ces villages permettra de mener à bien cette campagne de reboisement des espèces menacées et sensibilisera la jeunesse sur leur importance.
  • Bétenty, village insulaire, est le plus peuplé de la CR de Toubacouta, avec plus de 5 700 habitants. Ceux-ci exercent une forte pression sur la mangrove les entourant pour se fournir en bois de chauffe et de construction 

Des grands programmes de reboisement sont mis en place depuis quelques années dans la région par des ONG et de grandes agences internationales. Notre projet est complémentaire avec ces programmes.

Dans ce projet, Aje met en place des activités de reboisement et de création de bois villageois mais une grande part est également accordée à la sensibilisation pour changer les comportements et au renforcement des capacités.

Les jeunes seront sensibilisés et acteurs de première ligne pour limiter la destruction des forêts.

Les bénéficiaires

Les bénéficiaires de ce projet sont les populations des villages de Ndoumboudj (870 habitants), Santamba (407 habitants), Dassilamé Socé (1061 habitants), Toubacouta (2322 habitants) et l’île de Bétenty (5719 habitants) soit un total de 10 379 bénéficiaires directs.

La situation économique et financière difficile des familles rurales de la CR de Toubacouta les force à orienter leurs besoins dans la destruction des ressources naturelles sans compensation. La plupart des familles ignorent les menaces qui pèsent sur l’environnement et les responsabilités des communautés.

Plus de 52% de la population totale de la CR de Toubacouta est composée de jeunes. Ils sont les premiers qui doivent être sensibilisés à la protection de la mangrove et de la forêt. Ouverts d’esprit, dynamiques et intéressés, il faut qu’ils comprennent très vite que la protection des ressources naturelles est primordiale et participent à l’espoir d’un développement de qualité pour leur pays.

L’implication des femmes dans ce projet est très importante. Les femmes sont particulièrement concernées par les problèmes de dégradation des mangroves et de la forêt. Pour diverses activités, le projet prévoit la participation d’au moins 60% de femmes.

Ce projet a fait l'objet d'un cofinancement entre le CNCD-Opération 11.11.11 et Asmae. Ce projet d'étale sur les années 2009-2011.

Mathilde Serruys Plantation de mangroves Plantation de bois villageois

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