Histoire

L’évolution du mot Asmae

Premier logo d'Asmae qui fait référence à la jeep ambulance.

Premier logo d'Asmae qui fait référence à la jeep ambulance.

Ce 21 octobre 2009 a été fêté dans la discrétion, comme d'habitude, le 28ème anniversaire d'Asmae. En effet la décision de créer Asmae remonte au mercredi des 24h vélo de Louvain-la-Neuve. C'est ainsi que ce n'est pas une date mais bien le jour d'un événement qu'est fêté cette décision de créer une association qui a porté du reste un premier nom seulement pour quelques heures (Acmae - Aide culturelle et médicale à l'Egypte). Le lendemain des 24 heures vélo, les quatre étudiants présents se sont vite rendus compte de l'ineptie de ce nom et l'ont transformé en Asmae (s = social) en soulignant que l'on ne peut jamais aider culturellement un pays en vue de le changer mais bien travailler dans le domaine social. Dès 1985, il a fallu changer le "E" de Egypte car nous avons commencé à travailler au Rwanda. Nous avons répondu à l'appel d'un groupe de pionnier de la 1ère unité de Tournai qui cherchait un financement pour la construction d'une salle polyvalente à Rwamagana. Nous n'allions pas créé "Asmaer" et enduite rajouter une lettre chaque fois que l'on travaille dans un pays différent ! C'est comme cela que la signification d'Asmae est devenue dans ces années-là : Aide sociale et médicale à l'Enfance". Horrible ! Ce ne fut d'ailleurs que plus tard que le "A" de Asmae a été transformé aussi, car le mot "aide" nous semblait beaucoup trop paternaliste et donnait un sentiment de supériorité que nous, gens du nord, avons beaucoup trop tendance à afficher... Ainsi l'on est passé au terme "Association". Dans le même temps, nous avons aussi éjecté la signification de la lettre "m". Depuis de très nombreuses années nous n'avions plus rien de médical si ce n'est un coup de main ponctuel ci et là dans du matériel dans le cadre d'un projet social. En soit, on a réussi à évacuer ce "m" très dérangeant le jours où l'on a décidé qu'Asmae ne voulait plus rien dire. Pourtant on a tout essayé, tous les mots du dictionnaire sont passés, mais aucun ne correspondait à la réalité de l'association... seule le mot "médiation" pouvait, aux yeux de nos partenaires être acceptable, mais en Belgique, ce mot est beaucoup trop chargé en termes de médiation familiale. Ainsi donc, depuis quelques années, Asmae n'a plus de signification. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'on a rajouté tout simplement la phrase qui indiquait le mieux ce que nous faisions majoritairement : Asmae - Association de coopération et d'éducation aux développements. Nous ne faisions que reprendre une terminologie que nous employions depuis de nombreuses années surtout par l'utilisation du pluriel pour le mot "développement". En effet, nous considérons qu'il n'y a pas qu'un seul développement et rajouté un "s" à ce mot nous pousse à réfléchir sur ce que d'aucun en termes de coopération veut imposer comme type de développement. A l'instar de la pensée unique, il n'y aurait qu'une seule forme de développement valable ? le nôtre ? Affiché le pluriel est une forme de distanciation de la part des membres de l'association par rapport à notre modèle de développement qui génère des inégalités, des pauvretés... Et pour boucler la boucle, ce que l'histoire de l'association ne retient pas mais qui est bien marqué dans les premiers statuts publiés eu Moniteur belge, le nom de l'association n'était pas au départ "Asmae" mais bien "Les uns pour les autres". Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce que l'idée de la création d'Asmae est née de la rencontre de différents facteurs. Certes il y avait eu une rencontre entre Henri Visart (premier président de l'association Asmae) et Soeur Emmanuelle mais il y avait un film culte à l'époque qui était "Les uns et les autres" de Claude Lelouch. Le tout premier logo, ci-dessus, est une référence explicite aux première images vues dans le film de Lelouch : une colonne de la Croix-Rouge qui traverse le désert du Sahara pour apporter des médicaments dans un pays en guerre dont je ne me souviens plus du nom. Mais ce nom n'est pas resté longtemps. Asmae était le nom du projet. Ce vocable plus facile à dire est resté dans les têtes... exit donc le premier nom qui a aussi été changé dans le Moniteur belge...
Autocollant vendu au profit de l'association en 1983.

Autocollant vendu au profit de l'association en 1983.

Ce premier nom "Les uns pour les autres" ainsi que le deuxième "Asmae" quand le "A" voulait dire "aide" montre à quelle point nous étions encore dans une vision paternaliste ou seul le Nord (les blancs !) pouvait "aider" les autres... De par notre éducation nous étions encore avec de telles idées d'un mouvement du Nord vers le Sud, des riches vers les pauvres... C'est à partir de 1993, qu'une révolution copernicienne a vu le jour dans Asmae, lorsque j'ai été invité par René Sibomana à une restitution  de ce qu'il avait découvert dans le cadre d'une formation et de la mise en place d'une nouvelle méthode créée par 14 animateurs africains : La Recherche Action Participative. Cela a révolutionné notre manière de penser. Pourquoi cette nouvelle vision a si bien pris ? Est-ce parce qu'Asmae, depuis toujours, faisait confiance dans les jeunes que nous étions ? Est-ce parce que la participation était vécue déjà au sein d'Asmae à tous les échelons ? dans le cadre des événements ? de l'équipe formations ? Toujours est-il que la philosophie de la participation a transformé fondamentalement et durablement les objectifs de l'association... Mais ce fut aussi au prix d'un murissement long et patient, car chacun a du changer, se changer. C'est aussi à partir de 1993 que nous avons commencé à remettre en question les principe de la coopération aux développements que nous soutenions depuis lors. A travers un mois de voyage que René Sibomana m'a proposé après la session de restitution au cœur même d'un nouveau pays que je ne connaissais pas : l'Absurdie où des ONG étrangères (dont des Belges) détruisaient un tissu de solidarité pré-existant dans des villages au nom du développement mais surtout au nom des financements qu'ils pouvaient obtenir auprès des bailleurs de fonds... Ce mois de voyage a été vraiment à la base d'un retournement de notre pensée concernant l'appui que nous pouvions apporté aux populations locales.  Nous sommes passés ainsi petit à petit à la question du renforcement structurel des partenaires en nous "retranchant" en seconde ligne pour permettre à l'ONG locale de pouvoir soutenir les projets issus de Recherche Action Participative. Et 28 ans après, Asmae s'apprête, au nom de la participation à réfléchir à l'articulation entre toutes les composantes de l'association dans un lieu éminemment participatif que sont Les États généraux de l'association (7 novembre 2009). Ces États généraux sont issus de la grande première réforme d'Asmae qui date des années 1995-1998. Les premiers États généraux, en 1999, ont été un moment important de démocratie participative où l'ensemble des volontaires de l'association ont travaillé sur la Charte d'Asmae mais aussi sur l'implication des volontaires au sein de l'association. Plus que jamais en novembre 2009, les volontaires sont présents dans de nombreuses équipes et font évoluer l'association au gré des rencontres, des discussions, des assemblées générales et donc aussi des États généraux ! Géry de Broqueville Note : Il est à remarquer que sur le deuxième autocollant l'on avait placé le prix de 1 $. Cela fait référence au passage durant quelques mois de Géry Duesberg aux Etats-Unis où il a mené quelques campagnes de Fund-raising sur place au profit d'Asmae.

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