Projets, Sénégal

La genèse de l’appui à AJE au Sénégal

Les premiers temps de AJE au Sénégal où les nattes étaient un soutien pédagogique important.

Les premiers temps de AJE au Sénégal où les nattes étaient un soutien pédagogique important.

Voici donc un extrait d'un compte-rendu de mission à Djibouti. Il a fallu passer par ce pays pour se demander comment soutenir Action Jeunesse & Environnement qui a commencé à s'installer au pays de la Téranga : "Lors de notre rencontre à Djibouti en décembre 1996 (1), René m'a proposé de réaliser en 1997, un camp (2) test pour voir comment commencer des camps dans ce pays.

René est très intéressé, non seulement au fait de faire des camps avec des jeunes sénégalais, mais aussi dans le but de réaliser une sensibilisation de ces jeunes en vue de les pousser à un engagement social dans leur pays (3).

Donc les camps au Sénégal auraient un double objectif : sensibiliser des jeunes belges et  des jeunes sénégalais. J'ai exposé à René la manière dont nous avions réalisé des camps jusque maintenant et leur évolution dans le temps.

Après Djibouti, René a rencontré le directeur du Collège Saint-Michel de Dakar. Ce dernier était intéressé de lancer un camp cet été avec des jeunes issus du collège. La proposition de sensibilisation l'intéresse (4)

René nous propose des camps légèrement différents de ce que nous connaissons jusque maintenant. En effet, il faut pouvoir s'adapter au milieu sénégalais. Si en Egypte, loger chez l'habitant paraît impossible, cela ne le paraît pas au Sénégal. Il est vrai aussi que les jeunes ne logeront pas tout le temps dans des familles (5). Cela ne doit pas être un poids pour ces dernières. Un logement dans un collège ou des lieux réservés à cet effet seront imaginés aussi. (6)

Comme nous sommes là, nous rentrons dans les détails pratiques. Il est important de voir aussi ce que les jeunes  pourraient réaliser. Ce serait peut-être plus de l'animation qu'un chantier. Ce ne sera peut-être pas uniquement un travail. René insiste aussi sur l'importance de la rencontre avec l'autre, avec des projets, avec des personnes engagées déjà, sur le terrain. Voilà donc beaucoup d'idées qui sont sorties et qu'il est important de mettre en ordre pour envisager l'éventualité de réaliser un camp en juillet 1997 à Dakar (7).

Par ailleurs ce serait intéressant qu'une personne de l'équipe de formation participe à ce camp pour découvrir les différences qui existent avec les camps en Egypte (8).

Pour ce qui est de l'expérience de René, elle n'est plus à démontrer. En effet, l'association des Scouts du Rwanda (ASR), lorsqu'il était commissaire général, a accueilli bon nombre de camps Asmae, FSC (9) et Scouts de France. De plus il a été responsable de l'échange, pendant 5 ans, de jeunes canadiens et de jeunes rwandais dans le cadre de "Jeunesse Canada Monde".

Voici donc un rapport daté probablement du début de l'année 1997 qui montre la genèse des projets en lien avec les chantier au Sénégal. Cette genèse est quand même plus complexe. Bien sûr, Par l'ancienneté des rapports existants entre AJE et Asmae (voir les parties qui concerne le Rwanda et le Congo), et par le fait que les deux associations sortaient d'une période de turbulence non pas entre-elles mais au vu de la situation politique du Congo et du Rwanda, il semblait normal de continuer à soutenir l'installation de la nouvelle association AJE. Tel un phoenix qui renaît de ses cendres, AJE pour la troisième fois a été soutenue par Asmae. Cela compte dans l'histoire d'une association.

Géry de Broqueville


(1) Nous avions co-animé une session de formation en recherche-action participative avec des animateurs djiboutiens, coordonné par Caritas Djibouti. Décembre 1996 était aussi un moment délicat pour AJE qui venait de subir deux mois plus tôt l'attaque des camps de réfugiés par Laurent Kabila soutenu par les Rwandais pour essayer de faire rentrer au Rwanda la masse de réfugiés se trouvant au Zaïre.  René Sibomana qui animait à ce moment-là une session de formation à la recherche-action participative au Mali s'est vu contraint de rejoindre Dakar, où séjournait déjà une partie de ses enfants. Adorata Uwizeyimana qui travaillait à Goma a été forcée de rentrer à Kigali. René a décidé de fonder à nouveau AJE à Dakar, pays plus inspirant en terme de paix. La rencontre à Djibouti s'est fait dans ce contexte déstabilisé.

(2) Depuis que René Sibomana a connu les camps de réfugiés à Goma au Congo, il a demandé à Asmae de changer ce nom pour le transformer en "chantier". Ce nom est resté de nombreuses années.

(3) Ce sont donc des chantiers mais aussi de grandes périodes de découvertes de l'autres, de ses manière de vivre, de penser avec des débats, des rencontres avec des personnes engagées dans des actions sociales, etc.

(') Intéressé peut-être mais qui est resté lettre morte. Ce sont des jeunes issus des lieux de chantiers qui participeront aux activités.

(4) Dans les premiers chantiers, les groupes ont été accueillis dans des familles, mais très rapidement AJE s'est rendue compte que c'était un poids pour le budget familiale même si AJE intervenait financièrement. De plus cela désorganisaient les marchés de quartier puisqu'il fallait subitement plus de nourriture que d'habitude.

(6) Les écoles sont généralement le lieu de l'accueil des volontaires tant belges que sénégalais. Bien sûr elles sont alors équipées du matériel ad hoc pour accueillir le groupe avec  les questions de sécurité, d'hygiène et de santé.

(7) C'est donc le projet d'aménagement de deux puits de Bène Baraque avec du matériel de la coopération technique belge. C'est un groupe de 8 belges et 7 sénégalais qui se sont rencontrés autour de l'aménagement de ces deux puis et d'autres activités de sensibilisation.

(8) Claire Delforge et Valérie Denis sont venu au Sénégal une semaine avant le début du chantier pour le préparer avec René.

(9) A l'époque la "Fédération Les Scouts" s'appelait "Fédération des Scouts Catholiques".

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