Projets, Sénégal

La ferme-école de Ndoumboudj

La parcelle de 2 hectares à Ndoumboudj. Le village se trouve un peu plus à l'est.

La parcelle de 2 hectares à Ndoumboudj. Le village se trouve un peu plus à l'est.

La machine s'est mise en branle suite à la visite conjointe d'AJE et d'Asmae en juillet 2015 dans les jardins de Kaydara pas loin de Fimela, au sud de Fatick. En son temps, il y a un an, j'ai écrit un article intitulé : "Kaydara annonce un tournant dans nos pratiques" et qui racontait la très belle visite dans ce lieu et notre rencontre (René Sibomana et moi-même)  avec Gora Ndiaye.

En ce mois de juin 2016, nous sommes retournés à Kaydara pour y rencontrer à nouveau Gora. Nous étions accompagné cette fois par Raphaël Sagne qui est technicien agricole convaincu totalement par la culture bio et Ibou Ndiaye qui est responsable de l'assainissement (hygiène, propreté, plantation...) au COP de Soucouta. Gora Ndiaye a proposé qu'ils venir une semaine à Kayadara pour y suivre une semaine d'immersion pour bien intégrer les pratiques de l'agroécologie. Cette immersion devra se déroulé entre le 27 juin et le 16 juillet, date de la fermeture de la ferme-école pour cause de vacances. Gora Ndiaye est très content qu'une autre ferme-école voie le jour dans la région pour développer au maximum l'agroécologie au Sénégal.

Entretemps, René n'a pas chômé puisqu'il a reçu du chef du village de Ndoumboudj un terrain de 2 hectares qui va lui permettre de lancer aussi une ferme-école de ce coté-là du Sine Saloum. Ndoumboudj se situe à 7 km au sud-est de Toubacouta. Il est un des 52 villages de l'entité. J'ai rencontré le jeune chef du village qui est enchanté qu'AJE commence ce projet. Lors de la rencontre que nous avons eue avec le chef, René a insisté que ce projet ne peut se développer qu'avec toutes les forces vives du village et n'est pas un projet venu d'ailleurs, qui se réalise et qui tombe à l'eau parce que les habitants ne se sentent pas concernés. Il a prévenu le chef de village que Ibou et Raphaël allaient passer souvent pour travailler avec les jeunes et les femmes du village au développement de cette ferme-école qui se développera en agroécologie mais sera aussi ouverte à toutes les autres formes de culture comme la permaculture, etc.

Un groupe de belgo-sénégalais (Asmae et AJE) ont déjà mis en place la clôture qui entoure les deux hectares de terre. Cette clôture est indispensable pour protéger les futures plantules de la ferme-école contre les intrusions des vaches et autres chèvres des éleveurs, même si dans la ferme il y aura un élevage de ces dernières mais aussi de poules, de lapins, etc. Les premiers bâtiment de la ferme seront construit dès le début du mois de juillet.

Lors de ma visite en juin dernier, j'ai pu découvrir les plantes qui, déjà poussaient allègrement. Ainsi, les neems que les Sénégalais considèrent en règle générale comme non productives sont en réalité d'une grande richesse. Le neem en Inde est d'ailleurs un arbre sacré et apporte des bienfaits  aux êtres humains, aux animaux et aux plantes. Pour découvrir la valeur accrue du neem, je vous invite à visiter un site Internet français sur cette plante que l'on retrouve partout au Sénégal. Grâce à Raphaël et à Cor, j'ai pu aussi découvrir au moins quatre autres plantes médicinales qui poussent sur le terrain. Ceci est vraiment de bon augure.

Lors de ce voyage j'ai aussi apporté des graine en provenance de l'association Kokopelli. Cette dernière m'avait donné une caisse composée de sachets comportant une soixantaine de type de plantes différentes axées sur les légumes et les plantes médicinales. Ces semences naturelles et bio vont être plantée dans le but de reproduire des semences pour que l'année prochaine la ferme-école puisse réellement démarrer les apprentissages. Cette ferme-école se fera sur le modèle de plantation de Kaydara qui plante d'abord des cocotiers pour permettre au bout d'un certains temps d'avoir de l'ombre sur la parcelle. Les légumes pourront alors mieux s'adapter aux conditions climatiques parfois très chaudes et humides de la région. N'oublions pas que Ndoumboudj se trouve pas loin des mangroves et donc de la mer.

Ce programme de ferme-école est un de ceux qui va compléter l'ensemble des actions qui ont déjà été entamée dans cette partie du Sénégal, en termes de sécurité alimentaire, thème cher à Asmae depuis quelques temps. Il y a eu le projet de reboisement des mangroves qui permettait aussi de restaurer les zones de reproduction des poissons, les jardins maraîchers, la cuisine communautaire pour la transformation des fruits et légumes, l'assainissement de l'eau... maintenant nous nous lançons dans le soutien à l'agroécologie à travers la ferme-école de Ndoumboudj. Le thème de la sécurité alimentaire est aussi abordé en Belgique avec notamment le nouveau partenariat avec la Finca.

Gageons que tout ce petit monde qui circule autour de ce thème se rejoignent un jour au Sénégal pour partager les expériences d'agriculture que ce soit en milieu urbain ou en milieu rural ! C'est donc le début d'une grande aventure que nous allons vivre avec notre partenaire AJE.

Géry de Broqueville

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