Réflexions

De la participation…

beloeilLa Nuit musicale s’est achevée ce 22 août par un feu d’artifice en apothéose comme l’artificier, Stephane Dirickx sait si bien le faire. Ce feu était aussi tout en nuance à l’image du spectacle concocté par Cédric Monnoye, le responsable d’Idée Fixe et mise en oeuvre par les 360 volontaires d’Asmae.

Faut-il autant de volontaires pour un tel évènement ? Cela semble clair, bien que ça et là, on aurait pu avoir moins d’un coté et plus de l’autre. Ce sont les débriefing qui vont nous dire tout cela et nous permettre de mieux appréhender l’année 2010.

Mais où intervient la participation ?

Ma phrase du jour est celle qu’Adorata Uwizeyimana avait dit en 1995, lors de la session de formation en Recherche Action participative qui s’est déroulée au Caire : « Les dictateurs ont beaucoup d’énergie à perdre. Au nom de la participation, nous avons fait travailler les autres ». Cette phrase pourrait être considérée comme une provocation. Il n’en est rien. Cette phrase je l’ai fait mienne depuis plusieurs années. Et pour cette Nuit musicale, je l’ai appliquée à la lettre. Je suis entouré d’une excellente équipe appelée Comité Beloeil qui comprend des responsables pour chaque secteur d’intervention : L’accueil du public aux parking et entrées, la gestion du spectacle, la gestion du catering et la gestion de l’équipe technique présente sur le terrain durant 10 jours.

A leur tour, ces membres du comité se sont entourés de personnes compétences et efficaces que sont les responsables d’équipes. A cela s’ajoutent une équipe Pavillon qui est l’interface entre les volontaires et le matériel.

Le principe de la délégation est que chaque personne doit pouvoir répondre aux questions qui semblent rester sans réponse à quelque niveau que ce soit. Un volontaire qui n’est pas responsable va peut-être poser une question à son responsable, ce dernier a beaucoup de latitude pour répondre à la question sans pour autant devoir communiquer automatiquement avec son « supérieur » en la personne du membre du comité Beloeil. Et en fin de compte, même si j’entendais toutes les questions dans les deux talkies posés devant moi, j’étais subjugué par les bonnes réponses données par les responsables du comité ou du pavillon. En fin de compte, je n’ai jamais du intervenir par voie de talkie. Les seuls questions qui devaient être réglées étaient en lien avec la police, la Croix-Rouge ou les pompiers, mes collègues du QG. Cela se faisait de vive voix ou vraiment si l’un des membres du comité avait un doute, il me téléphonait.

D’entrée de jeu, les responsables du pavillon matériel ainsi que ceux du comité se sont rendus compte que cela ne servait à rien de faire remonter les questions plus haut alors qu’ils détenaient la réponse. Il s’agit alors d’avoir le courage de prendre la bonne décision et donc de transmettre la bonne réponse. Ce courage-là, c’est accepter que l’on est capable de prendre ses responsabilités.

Je compte pour du beurre, moi ?

Durant la soirée, j’avais un drôle de sentiment. J’étais balancé entre l’admiration que j’avais pour mes responsables qui apportaient ainsi leur pierre à l’édifice et l’impression que je ne servais à rien ! Oui, Madame, à rien !

C’est quand même le premier sentiment qui a prévalu avec le constat que le coordinateur de l’évènement est là en cas de gros stress mais dans la gestion courante de l’activité, il peut se reposer (prendre des vacances ?) entièrement sur les épaules de ses adjoints.

Il est vrai aussi que la Nuit musicale s’est préparée à fond durant les deux semaines qui précédaient l’évènement par un échange abondant de mails  entre tous les membres du comité. Cette préparation en profondeur a donné les résultats que l’on connait.

Lors de cet évènement, nous avons vécu en plein milieu de la participation. Je n’ai pas fait une recherche-action participative, j’ai appliqué les principes fondamentaux de la philosophie de la participation. Et c’est en fait avec beaucoup de joie et avec beaucoup quiétude que j’ai pu regarder ce très beau feu d’artifice depuis le château (la première fois en 21 ans) en sachant que derrière moi, tous les volontaires étaient à leur poste, prenant leur responsabilité.

Géry de Broqueville

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