Gros plan

La Cop21 se mettra-t-elle au vert ?

parisaprendre_affiche_web-2« Paris à prendre », « Paris 2015 », « Climate games », « COP21/CMP11 »... Peut-être as-tu vu passer ces expressions sur les réseaux sociaux ou entendu parler de l’une ou l’autre dans les médias ? Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France va en effet accueillir et présider la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015. C’est une échéance cruciale, puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C. C’est sans doute la plus grande COP à ce sujet depuis celle de Copenhague en 2009 et les espoirs que les Etats s’engagent réellement et durablement sont grands.

Une COP/CMP, Késako ?

La COP, c’est la Conférence des Parties. Il s’agit de l’organe suprême de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (1).

La COP se réunit chaque année. Cette année, ce sera la 21e d’où le nom de « COP21 ». Se réuniront lors de cette Conférence les délégations officielles de 195 Etats et de l’Union Européenne, représentants d’Etat et négociateurs. Des organisations non-étatiques participeront aussi pour peu qu’ elles aient été accréditées par l’ONU : on retrouve des entreprises, des syndicats, des organisations de protection de l’environnement, des organisations de jeunesse, des peuples autochtones, des instituts de recherche. Ces organisations, si elles sont accréditées, pourront participer aux discussions (prises de parole, contributions écrites, organisation d’événements parallèles …) et ainsi attirer l’attention des négociateurs sur une question particulière, des solutions ou des points de vue qu’elles jugeraient négligés. Enfin, les médias seront largement présents : on attend plus de 3000 journalistes du monde entier pour relayer le déroulement de la conférence. Au total, plus de 40.000 personnes sont attendues au cours de la conférence.

« CMP » est quant à lui le nom que l’on donne à cette Conférence depuis qu’elle veille à la mise en œuvre du protocole de Kyoto et prend des décisions pour promouvoir l’effectivité de celle-ci. Paris sera la 11e session (d’où l'abréviation « CMP11 »).

C’est quoi les enjeux ? Des belles promesses ou... ?

Depuis celle à Copenhague en 2009, la COP21 est sans doute l’une des plus attendues.

La COP15 avait abouti à un accord visant à ne pas dépasser une augmentation moyenne de 2°C mais sans toutefois s'accorder sur l'objectif de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre en 2050. Par ailleurs, cet accord n'était pas juridiquement contraignant car il ne prolongeait pas le protocole de Kyoto, censé prendre fin en 2013. Il n'était en outre pas assorti de dates-butoirs ni d'objectifs quantitatifs alors que pour stabiliser la hausse de températures à 2 degrés, les pays industrialisés doivent réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre avant 2020.

L’enjeu majeur de la COP21 est aujourd’hui de taille : Il s’agit de conclure LE nouvel accord mondial qui succédera au très limité Protocole de Kyoto. Bien qu’il soit juridiquement contraignant, il n’engage plus aujourd’hui que l’Union européenne et quelques Etats. De plus, il touche bientôt à sa fin. Il va donc falloir aux Chefs d’Etats et de gouvernement définir un nouveau cadre global, universel et contraignant, révélateur de l’effort de chacun pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C. L’idée est également d’impulser la transition vers des sociétés et des économies résilitentes et sobres en carbone. L’accord n’entrerait en vigueur qu’à partir de 2020 mais devrait être durable pour permettre une transformation à long terme.

A cet effet, chaque pays devra publier une contribution présentant ses efforts nationaux. À la veille de la conférence de Paris, le secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies rendra publique une synthèse de ces contributions. La COP visera également à mobiliser 100 milliards de dollars par an par les pays développés, de source publique et privée, à partir de 2020. Cet engagement, formulé lors de la conférence sur le climat de Copenhague en 2009, devrait permettre aux pays en développement de lutter contre le dérèglement climatique tout en favorisant un développement durable et juste. Plus largement, la conférence de Paris doit adresser aux acteurs économiques et financiers les signaux nécessaires à la réorientation de leurs investissements, afin d’engager la transition vers des économies bas carbone.

La pression est d’autant plus grande que le 5ème et dernier rapport du GIEC est accablant : Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a tiré la sonnette d’alarme en 2014, affirmant avec une probabilité supérieure à 95% que le réchauffement climatique était dû aux activités humaines et montrant que si notre système et nos modèles de consommation/production énergétiques n’étaient pas revus, il faudrait s’attendre à : jusqu’à 4,8°c d’augmentation de la température d’ici à 2100, une hausse du niveau des mers jusqu’à un mètre - donc des érosions des littoraux et des inondations pour plusieurs centaines de millions de personnes –, des catastrophes climatiques de plus en plus régulières et nombreuses – cyclones, pluies diluviennes, sécheresses, … -, une insécurité alimentaire accrue, des problèmes sanitaires en hausse, des extinctions d’espèces et, indirectement, plus de conflits, de rivalités, de pauvreté et d’inégalités, dont on sait déjà que le Sud est la principale victime.

 C’est pourquoi Asmae rejoint les revendications du CNCD et attend que des décisions et des actes politiques forts soient pris lors de cette COP21 : « Pour promouvoir la justice climatique, des mesures urgentes doivent être prises : atténuer le réchauffement global et réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, aider les pays vulnérables aux impacts des changements climatiques (adaptation et reconnaissance des pertes et préjudices subis), partager les technologies nécessaires pour favoriser une transition juste et équitable, financer la lutte contre les changements climatiques. »

Et moi, en tant que jeune, que puis-je faire ?

Si tout ceci te questionne comme nous et que tu souhaites prendre part à la COP21 d’une manière ou d’une autre, nous t’invitons à soutenir, selon tes aspirations et tes disponibilités, différents moments de mobilisation. Concrètement, pendant toute la durée du Sommet, des conférences, des actions citoyennes, des débats, des marches, … auront lieu à Paris. Asmae soutient la démarche du CNCD qui rejoindra la grande mobilisation générale du dimanche 29 novembre ; ce jour-là, des dizaines de milliers de personnes sont attendues pour marcher dans les rues parisiennes, en solidarité avec les peuples du Sud, premières victimes des dérèglements climatiques. Si tu souhaites en savoir plus, n’hésite pas à consulter l’espace « ressources » !

Candice Lenoble

(1) Cette Convention a été ratifiées par 196 Etats « parties » et est entrée en vigueur le 21 mars 1994. Universelle de principe, elle reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène. 


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