Histoire

Des partenaires aux Etats généraux, normal ?

Moment de détente des partenaires en 1999.

Moment de détente des partenaires en 1999.

Le 14 novembre 2015, Asmae réuni ses membres (Conseil d'administration, Assemblée générale, tous les volontaires) à participer aux Etats généraux de l'association Asmae qui se déroule tous les 4 ans. Les derniers Etats généraux se sont déroulés en novembre 2011 au moment du 30e anniversaire de l'association, de la reconnaissance d'Asmae comme organisation de jeunesse par la Fédération Wallonie-Bruxelles et au moment de la passation de rôle de coordination entre moi-même et Mathilde. C'était une fameuse étape qui a été partagée par les partenaires d'Asmae : Lekaa, Twiza et AJE.

Mais pourquoi donc les faire venir de si loin pour partager une journée de travail ? La question ne se pose plus tant est que l'habitude s'est installée. Cela remonte aux premiers Etats généraux d'Asmae en avril 1999. A l'époque il n'était pas encore question de réfléchir avec les volontaires sur le plan quadriennale d'Asmae. Cet acte-là remonte à 2011 puisque cette démarche nous est imposée par la Fédération Wallonie-Bruxelles en matière de reconnaissance d'organisation de jeunesse.

L'idée des Etats-généraux est sortie d'une crise traversée par Asmae. Celle-ci avait commencée en 1995 où les volontaires et les permanents se sentaient frustrés, l'un par rapport à l'autre, aux rôles de chacun. Au nom de la participation, les uns (les volontaires) remettaient les autres à, ce qu'ils considéraient comme juste place, c'est-à-dire un rôle d'exécutant. Comme si les volontaires de l'association proposaient des idées et les permanents devaient les exécuter, avec la bénédiction de l'AG composée justement par ces mêmes volontaires. On se retrouvait ainsi dans une opposition forte entre les "rémunérés" et les "bénévoles". 1995 fut donc une année très dure pour Asmae avec les uns et les autres qui voulaient quitter l'association.

Une méga RAP

C'est donc la méthode "Je participe, tu facilites" qui a été utilisée dès la fin 1995 jusqu'en 1997 pour aboutir à la définition des rôles de chacun et mieux que cela, celui de chaque structure. Comme il n'y avait que moi-même qui connaissait la méthode de recherche-action, je l'ai animée de bout en bout (1).

Par la suite, il a fallu remettre tous les résultats en ordre. Asmae a fait appel à un modérateur extérieur pour arriver à un consensus chez tout le monde. En 1998, après cet immense travail collégial, tous les volontaires présents ont accouché de la Charte d'Asmae. Celle-ci a été avalisée par l'Assemblée générale. Dans cette charte était inscrit la nécessité de réaliser, quand le besoin s'en faisait sentir, des Etats généraux qui regroupaient tous les volontaires d'Asmae qui le désiraient pour réfléchir à l'avenir d'Asmae.

De même, dans la foulée des premières rencontres entre partenaires dont la première a été initiée en 1993 avec la Belgique et le Rwanda, en Egypte (2), il semblait intéressant de permettre à tous les partenaires de l'association de se rencontrer en un lieu pour partager leurs connaissances, leurs savoirs faire à Bruxelles au moment de ces Etats-généraux. C'est ainsi qu'en 1999, les Rwandais et les Egyptiens sont venus en Belgique pour réfléchir tous ensemble sur les liens qui existent avec les partenaires et la place qu'on les volontaires au sein de l'association.

En l'an 2000, une autre rencontre a eu lieu, sans les partenaires. Les deux thèmes étaient : "Quid de l'engagement des volontaires dans des projets en Belgique" et "Peut-on parler de développement en Belgique ?". Les Etats généraux de 2002 ont travaillé sur la question des thèmes de travail de l'association. Asmae doit se définir des thèmes comme le racisme, l'interculturel, la coopération, le partenariat, les enfants des rues, l'exclusions, etc. Les Etats généraux suivants ont été convoqué par l'assemblée générale de 2008 pour travailler sur une meilleure présentation d'Asmae suite au dépot d'un dossier de reconnaissance d'Asmae comme organisation de jeunesse. Il était temps de mettre des mots sur ce que nous faisons depuis le début d'Asmae. En 2011, les Etats généraux se réunissent enfin pour réfléchir au premier plan quadriennal à déposer pour l'obtention du budget suivant comme organisation de jeunesse. Il a été décidé, à ce moment-là, que les Etats généraux se dérouleraient alors tous les quatre ans.

Et les partenaires dans tout cela ?

Il semble donc normal qu'Asmae invite ses partenaires à réfléchir tous ensemble à son avenir, et ce, y compris, avec les partenaires du Sud. En effet, nous sommes toujours parti du constat qu'il était important de parler du développement d'ici en lien avec le développement de là-bas. D'ailleurs pour ce qui est du secteur de l'éducation aux développements nous avons, depuis toujours, décidé de mettre le développement au pluriel. Alors que nous réfléchissons à l'avenir du soutien à des partenaires qui travaillent dans le développement, il est tout à fait normal de les associer à notre réflexion qui somme toute, les concerne, quand même !

Nous ne les invitons pas à se déplacer pour un jour seulement. Il est évident que nous allons profiter de leur présence pour travailler sur le Réseau Toubacouta dont il faut faire une évaluation, nous allons travailler aussi sur l'utilisation de la méthode de recherche-action "Je participe, tu facilites" au sein du réseau. Il y aura aussi des réunions bilatérales entre chacune des associations pour leur permettre d'imaginer des immersions ou des échanges. Certains d'entre-eux arrivent en Belgique pour la première fois, nous leur montreront un peu notre pays (3). Des activités avec les volontaires seront organisées avec eux... Bref, ils auront peu de temps pour la farniente !

Gageons que ces quatrième Etats-généraux soient un moment de partage intense entre tous pour aller toujours plus avant dans l'application de notre vision commune qui est de "Renforcer la capacité des jeunes à être acteurs d’amélioration et de changement au sein de leur communauté locale et milieu de vie." Notre visée commune est : "Nous voulons construire une société plus juste, solidaire, responsable, respectueuse des valeurs de chacun." (4)

Géry de Broqueville

(1) Ce fut à la fin de la démarche que l'on s'est rendu compte que j'étais dans une position très délicate de silence que m'imposait mon rôle de facilitateur alors que j'étais considéré comme le fondateur d'Asmae ou tout au moins le plus ancien, c'est-à-dire celui qui, dans chaque tête, a plus de chose à dire que les autres. Nous en reparlerons dans un article de réflexion, sur le site du Réseau International RAP.

(2) Ces rencontres préfigurent celles qui deviendront plus régulière avec la création de la Charte de Toubacouta, en 2005. Cette dernière sera intégrée dans celle d'Asmae quelques années plus tard.

(3) C'est le cas notamment de nos deux amis d'Alafia Jeunes en provenance du Togo.

(4) Pour visualiser l'ensemble de la charte de Toubacouta, cliquez ici.

Les commentaires sont fermés.